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Justice sociale
La situation économique de la majorité de la population se dégrade. Combinées à une stagnation des salaires, l’inflation, la hausse des primes d’assurance et des loyers provoquent un accroissement des inégalités. Cette tendance a été renforcée par des allègements fiscaux pour les plus riches et des mesures d’austérité visant les services publics nécessaires aux classes moyennes et populaires. Nous voulons que la commune joue son rôle pour assurer la cohésion sociale et une vie digne.
Le projet de décroissance s’inscrit dans cette perspective: construire collectivement un avenir désirable fondé sur la justice sociale, la solidarité, le partage et la participation citoyenne. Une ville juste est une ville où chacune se sent légitime, reconnue et en sécurité dans l’espace public. L’égalité ne se décrète pas: elle se construit à travers des choix politiques concrets. Notre action privilégie les dimensions citoyennes et altruistes, qui sont essentielles à la vie.
Un toit est un droit
Avoir un toit, vivre en sécurité, et participer pleinement à la vie collective sont des conditions essentielles d’une société juste. Le logement, en particulier, ne peut être réduit à une marchandise soumise aux seules logiques du marché: c’est un droit fondamental.
De plus en plus de ménages doivent multiplier les sacrifices pour pouvoir se loger: travailler davantage, renoncer à des soins, réduire leur vie sociale. Ces stratégies ont des conséquences durables sur la santé, l’égalité et la cohésion sociale. Dès lors, les politiques publiques locales sont déterminantes.
La politique de l’habitat et du logement de Vevey est le fruit d’une vision traduite en mesures réalisables, portée notamment par notre camarade Gabriela Kämpf au sein de la Municipalité et adoptée en 2025. Nous voulons désormais mettre en œuvre ce plan d’action dans son ensemble pour répondre à la gravité et l’urgence des problèmes. Nous veillerons à continuer de porter ces thèmes par nos actions et revendications.
Il est primordial que la commune intensifie une politique foncière et immobilière active. Elle doit entre autres utiliser pleinement le droit de préemption prévu par la législation cantonale pour acquérir des immeubles d’habitation et y développer des logements sociaux et coopératifs, hors de toute spéculation.
La commune doit aussi mener une politique résolue de lutte contre la gentrification. Elle doit utiliser tous les leviers à sa disposition pour empêcher les hausses de loyer abusives, œuvrer à leur baisse lorsque cela est possible, et garantir que l’ensemble des habitantes puisse se loger dignement à Vevey. Le rôle social des concierges doit être valorisé avec des incitations pour vivre sur place.
Droit de vivre
La précarité ne se limite pas à la pauvreté. Elle génère incertitude et instabilité et peut toucher des personnes disposant encore de revenus, mais fragilisées par la hausse des coûts et l’insécurité économique. La précarité est issue de la mauvaise répartition des richesses et du modèle productiviste. Nous voulons la combattre sous toutes ses formes.
La réalité des personnes concernées est aggravée par le non-recours aux prestations sociales, estimé entre 20% et 50% des ayants-droit. Malgré les efforts engagés ces dernières années – renforcement du travail social, développement du travail hors murs, création de guichets sociaux régionaux – l’accès effectif aux droits reste trop complexe et inégal.
Besoin de toit
La Riviera vaudoise fait face à un manque criant de places d’hébergement d’urgence. En mai 2025, la fermeture du Hublot à Vevey a laissé l’Est vaudois sans solution pour les personnes sans abri, reportant la pression sur les structures voisines.
En mars 2025, en collaboration avec le collectif 43m2, nous avons déposé un postulat qui demande à la Municipalité d’agir, afin de renforcer la visibilité de cette problématique et la coordination intercommunale pour la mise en œuvre d’une politique des hébergements d’urgence. En décembre 2025, la commune a repris la gestion d’un abri de protection civile au Panorama et a pu mettre à disposition 24 lits d’urgence.
Si l’ouverture rapide de lits d’urgence communaux a démontré la capacité d’action locale, l’offre reste insuffisante. Des solutions durables et coordonnées à l’échelle régionale sont indispensables.
Je te crois
La loi réprime les actes de violence, qu’ils soient commis dans l’espace public ou dans la sphère privée. Mais, trop souvent, les victimes n’ont pas de solution pour y échapper.
Les actes de violence restent une réalité tragique, comme l’ont montré plusieurs féminicides récents dans la région. Nous reconnaissons l’engagement fort de la Municipalité en faveur de l’égalité comme les actions de sensibilisation et de prévention qu’elle a menées durant cette dernière législature. Mais la protection des victimes reste insuffisante.
La violence s’installe bien en amont de l’issue fatale: le harcèlement, la domination économique ou le chantage sont des signaux qui exigent une mise à l’abri immédiate. Nous considérons que la sécurité des habitantes est un bien commun qui nécessite d’utiliser tous les leviers municipaux, y compris fonciers.
Tintébins et trottinettes
Dans une société marquée par l’isolement et la fragmentation sociale, le lien entre les générations mérite un soin particulier. La mixité intergénérationnelle est une richesse: elle valorise les savoirs, renforce le sentiment d’utilité sociale et contribue à une société plus solidaire.
À Vevey, près d’un quart de la population a plus de soixante ans, ce qui implique des défis de taille dans les années à venir. Quant à la jeunesse, elle se prépare à faire face à un monde profondément changeant. Sa détresse est déjà palpable. Il est de notre responsabilité de prendre soin les unes des autres et de favoriser la rencontre, la transmission et la participation de toutes à la vie collective. Lutter contre l’isolement des seniors ne peut se faire sans repenser les lieux, les usages et les rythmes de la ville.
Jardins divers
Chaque personne doit avoir une place à part entière et pouvoir participer à la vie collective sans discrimination. L’accessibilité universelle, la reconnaissance des diversités culturelles, sociales ou de genre et la lutte contre toute forme de discrimination que subissent les minorités sociales doivent guider toute l’action communale.
Valoriser la diversité culturelle, sociale, de genre et d’orientation affective et sexuelle est une condition essentielle du vivre-ensemble. L’espace public, les noms de lieux, les services et les dispositifs de soutien doivent refléter cette diversité et contribuer à déconstruire les normes dominantes qui excluent ou invisibilisent.
Les violences et les discriminations contre les personnes LGBTQIA+ sont insuffisamment combattues. Nous voulons renforcer la sensibilisation et la prévention, et mettre en place des dispositifs de médiation et de signalement accessibles.
Citoyennes de demain
L’éducation joue un rôle fondamental pour construire une société critique, solidaire et consciente des enjeux de son époque.
Face à la rapidité des transformations de notre société, il est essentiel de renforcer une éducation qui permette de comprendre le monde, d’y prendre part activement. Les défis liés au numérique, à la crise écologique et aux inégalités sociales nécessitent des actions de sensibilisation dès le plus jeune âge, en complément des programmes scolaires existants.
La rue est à nous
L’espace public est un espace partagé par définition. Chacune devrait pouvoir s’y sentir accueillie et légitime, comme dans une sorte de prolongation de son chez-soi. La ville de Vevey, par sa densité et sa centralité régionale, est confrontée à de nombreux défis en termes de cohabitation selon des usages et des attentes très diverses.
Les près de 50’000 personnes qui y passent chaque jour et ses nombreux accès à pied comme en véhicule ont fait de la gare un lieu propice au trafic de drogue. Même si les statistiques des délits et crimes violents ne montrent pas d’augmentation significative, il est certain qu’une partie de la population ne se sent pas en sécurité.
Les regards se sont beaucoup portés sur le trafic de drogue, la consommation et les risques liés. Le système met une telle pression sur les gens qu’il les rend malades. Beaucoup cherchent des échappatoires dans des substances addictives, légales ou illégales. La consommation de drogues est un problème social et médical. L’expérience montre que la seule répression n’en vient pas à bout. Nous sommes favorables à une légalisation contrôlée des drogues, qui n’est pas de compétence communale. C’est pourquoi, dans le cadre limité de ses compétences, la commune met en place un observatoire social de l’espace public incluant toutes les instances qui y interviennent, y compris les polices et l’économie locale, pour dresser un diagnostic complet et faire des propositions concrètes. Vevey a aussi renforcé dans son budget le soutien à la Fondation AACTS, active dans la réduction des risques.
Cet observatoire permettra aussi de mieux prendre en considération les personnes dont l’insécurité est la plus manifeste, celles qui n’ont pas de toit et aucune prise sur leur avenir. Ces personnes méritent d’être mises à l’abri de manière durable et accompagnées vers une insertion sociale et professionnelle.
Toutes les usagères de l’espace public méritent notre attention. Le droit à l’insouciance et à se sentir bien dans l’espace public est un droit pour toutes.
Entre plancher social et plafond écologique
Lors de la législature 2021-2026, la ville de Vevey s’est dotée d’un plan climat communal construit sur des bases scientifiques solides. Il a permis de structurer des politiques publiques et d’enclencher des transformations réelles. On peut aujourd’hui faire un pas de plus en appliquant le modèle du donut (voir encadré) qui tient compte de l’ensemble des limites planétaires ainsi que des besoins sociaux, car Vevey participe à un programme pilote d’application à une commune.
Le changement climatique et la montée des inégalités sociales nous forcent à repenser notre manière de faire et de nous organiser. Cela veut dire évaluer systématiquement les politiques publiques, les investissements et les projets en tenant compte du plafond écologique et du plancher social, décloisonner les services communaux grâce à une vision globale à laquelle chacune participe, rendre visibles les arbitrages et assumer collectivement les choix nécessaires.
Cette façon de prendre les décisions ouvre la voie à un renforcement démocratique. Nous voulons créer les conditions pour que les habitantes puissent se rencontrer, s’organiser, partager des ressources et prendre soin collectivement de leur cadre de vie. Décider ensemble, dans le respect des limites planétaires, et construire une commune juste et solidaire. Nous voulons renforcer la solidarité et l’usage collectif contre la logique marchande en soutenant les initiatives d’entraide et d’échange non monétaires.
Dans ce cadre, la dette ne peut plus être uniquement financière: la dette écologique et sociale laissée aux générations futures doit être pleinement intégrée dans les choix budgétaires. Investir aujourd’hui dans ces domaines n’est pas une charge, mais un investissement pour l’avenir, nécessaire pour éviter des coûts humains, écologiques et financiers bien plus élevés demain.
Nos limites, nos futurs
Notre planète n’est habitable que grâce à un équilibre fragile, dépendant de neuf limites planétaires à ne pas dépasser, sous peine de dérèglements brutaux et irréversibles. Aujourd’hui, sept de ces neuf limites sont déjà franchies. Le combat écologique n’est donc pas un thème parmi d’autres, mais une nécessité vitale.
Agir à l’échelle communale est possible. Décroissance alternatives défend une écologie concrète, sociale et démocratique, qui transforme nos systèmes alimentaires, énergétiques et territoriaux. Il faudra du courage politique pour transformer des intentions en actes, et des outils existants en changements concrets, mais c’est à cette condition que la vie, la justice sociale et la démocratie pourront durablement s’épanouir.
Moins de goudron, plus de plumes
L’effondrement de la biodiversité est l’une des crises écologiques les plus graves et les plus sous-estimées de notre époque. Elle concerne l’ensemble du vivant.
Cette crise prend diverses formes: baisse de la diversité génétique, disparition de certaines espèces et diminution de leur nombre d’individus. Or les sociétés humaines ne sont pas au-dessus de la nature, mais en sont totalement dépendantes. Si la biodiversité et les écosystèmes s’effondrent, nos sociétés s’effondrent aussi. Préserver les systèmes naturels est une condition de notre survie collective.
Lors de la législature 2021-2026, des actions importantes en faveur de la nature et de la biodiversité ont été engagées en cessant de bétonner et de goudronner, en protégeant les sols, en plantant et préservant des arbres, en développant les zones de végétation et la présence de l’eau, en transformant la gestion des espaces publics et en laissant une place réelle au vivant dans la ville. Ces actions préservent aussi la santé publique dans un esprit de justice sociale, en limitant pour tout le monde les conséquences du changement climatique.
Pour da., il est essentiel de poursuivre et renforcer cette dynamique: faire de l’environnement un élément structurant de l’aménagement du territoire et prendre des mesures pour l’adaptation climatique, la santé publique et la justice sociale. Remettre de la nature en ville, c’est rendre la commune plus vivable et plus solidaire, tout en respectant le plafond environnemental.
Court circuit
Le système agro-industriel actuel épuise les terres et les agricultrices, détruit les écosystèmes, dépend des énergies fossiles et compromet à long terme une production suffisante de nourriture. Nous défendons la conversion à une agriculture respectueuse de la nature, de ses cycles, et des paysannes.
L’alimentation a dans nos vies un rôle central, non seulement vital mais aussi culturel. Comme activité économique, elle a un impact immense sur les écosystèmes. À Vevey, elle dépend très largement de l’agro-industrie. Nous voulons soutenir à l’échelle communale les productrices locales, développer des circuits courts, transformer la restauration collective et faire de l’alimentation un bien commun. Lors de la législature 2021-2026, la ville de Vevey a posé des bases en ce sens, notamment à travers le plan climat communal. Nous voulons poursuivre et amplifier cette dynamique.
On n’a qu’une vi(ll)e
Les politiques d’urbanisme, de mobilité, d’aménagement et de gestion des espaces publics ne sont pas de simples questions techniques: elles déterminent comment et où on vit, se déplace et se rencontre dans notre commune. Ces choix sont au cœur des questions sociales et environnementales.
Ce sont des domaines où la commune a des compétences concrètes, avec des effets sensibles et visibles pour la population. Pendant trop longtemps elle avait laissé faire, sans vision d’ensemble et sans cadre règlementaire cohérent. Un changement s’est amorcé dès 2019 puis s’est renforcé avec l’arrivée de la nouvelle Municipalité en 2021. Il faut persévérer, afin de construire une ville solidaire, inclusive, démocratique et respectueuse du climat.
Plates-bandes organisées
Cette législature 2021-2026 a vu l’approbation et l’entrée en vigueur du plan directeur communal. Il s’agit maintenant de le traduire dans des plans d’affectation et dans des réalisations concrètes. Nous veillerons à ce que la densification reste raisonnable et que des infrastructures suffisantes soient prévues (écoles, accueil de la petite enfance, espaces verts, etc.).
Le plan directeur communal définit la stratégie générale d’aménagement du territoire pour les prochaines années. Son application passe par l’établissement de plusieurs plans d’affectation. Ce travail se poursuivra donc durant la prochaine législature.
Dans ce processus, nous voulons que les services à la population rendent agréable l’inévitable densification et que les aménagements futurs favorisent la convivialité dans l’espace public. Cela passe par l’agrandissement des espaces de contemplation et de détente existants, la création de nouveaux espaces verts, le réaménagement des places, ainsi que l’extension des «zones de rencontre» – avec priorité piétonne – comme cela est prévu pour les rues du Simplon et d’Italie.
Pour lutter contre les îlots de chaleur, améliorer la qualité de vie et adapter la ville aux conséquences du réchauffement climatique, nous voulons ombrager davantage rues et places, principalement en plantant des arbres et, partout où cela est possible, désimperméabiliser et végétaliser les sols.
Un espace public plus accueillant pour toutes nécessite également un mobilier urbain adapté: amovible et modulable pour encourager la diversité des usages, les rencontres, la convivialité et la vie de quartier; mais aussi fixe avec des bancs à intervalles réguliers pour faciliter les déplacements des personnes à mobilité réduite.
L’éclairage public est aussi un élément important: le «plan lumières» est une promesse non encore tenue du programme de législature municipal. Il est urgent de le repenser pour ajuster l’intensité et la présence de lumière aux besoins réels. Cela permettra de réduire la consommation d’énergie, d’améliorer la sécurité et de diminuer la pollution lumineuse, préservant ainsi la biodiversité.
Après un réaménagement plus inclusif du parc Doret, d’autres accès au lac doivent également être améliorés et multipliés, y compris pour les personnes à mobilité réduite.
Un nouveau cycle
Le plan directeur communal donne déjà la priorité aux modes de déplacement les plus sobres, les moins bruyants et les moins dangereux pour les autres. Ce principe doit encore être traduit dans la réalité. Comme l’espace public n’est pas extensible, cela veut dire réduire la place occupée par les automobiles, mobiles ou immobiles.
Pour cela nous voulons établir des cheminements piétonniers et cyclables continus, sûrs et accessibles. Nous voulons aussi faciliter l’accès aux transports publics, notamment en baissant leurs prix. L’extension des zones 30 améliorera la sécurité des personnes les plus vulnérables dans l’espace public: enfants, personnes à mobilité réduite, piétonnes et cyclistes.
Vevey est l’une des villes les moins motorisées du canton, et l’une des plus généreuses en possibilités de stationnement: 18’000 places de parc, pour 7’300 véhicules immatriculés sur la commune (363 automobiles pour 1000 hab.). Vevey est donc très accueillante pour ses visites motorisées. Il n’y a donc aucune raison de céder aux constantes récriminations, politiquement intéressées, sur ce sujet. Arrêtons d’en faire des caisses !
Il va de soi que l’apaisement du trafic et la sécurité de toutes exigent que les règles existantes, en particulier les limitations de vitesse et les interdictions de circuler, soient respectées. Il faut également agir contre les nuisances sonores liées à la circulation, entre autres par l’acquisition et l’installation de radars à bruit.
Affiche-moi la paix
Pour rompre avec la logique consumériste et libérer l’espace public de la pression marchande, nous voulons supprimer la publicité à caractère commercial visible depuis l’espace public.
De tels règlements ont démontré leur efficacité dans plusieurs communes, tant pour la qualité du cadre de vie que pour la promotion des activités locales, culturelles, associatives et sportives. Pour autant, nos rues et places ne seront pas désolées. Bien au contraire, le retrait de la publicité commerciale permettra de faire de notre ville une galerie en plein air, à l’exemple des récentes affiches de l’exposition «Impressions du Japon» du Musée Jenisch.
Dans la même logique, et afin de réduire le gaspillage énergétique, les vitrines commerciales doivent être éteintes après la fermeture de fin de journée. Cette mesure simple permet de diminuer la consommation d’électricité tout en contribuant à l’apaisement visuel et lumineux de la ville.
Penser global, acheter local
Le commerce local est plus que de l’économie, il contribue à la cohésion sociale et à l’image de la ville; il facilite les circuits courts entre productrices et consommatrices. Il est pourtant en grande souffrance. Nous voulons le préserver et le développer, au-delà des analyses et solutions simplistes.
Ces difficultés ont de multiples causes. La perte de pouvoir d’achat et l’accélération du quotidien comme le manque de temps (cumul des emplois et/ou des tâches familiales) rendent pratiques les achats en ligne et en grande surface. De plus, les commerces locaux ne se battent pas à armes égales, ni sur le plan fiscal, ni sur le plan social ou environnemental. Ils sont aujourd’hui écrasés par la concurrence des grandes surfaces et plateformes de e-commerce qui bénéficient d’avantages structurels. Enfin, un facteur dont on parle trop peu est le niveau des loyers, souvent insupportable pour les petits commerces.
Même si une commune ne peut pas inverser cette tendance de fond, elle peut par contre rendre la ville plus attractive, par la qualité de l’accueil dans ses espaces publics et par sa culture vivante. Nous voulons poursuivre cette politique en donnant la priorité à celles qui font vivre la ville toute l’année.
La commune peut également prendre des mesures spécifiques de soutien. Elle a déjà mis en place les livraisons gratuites à vélo. Fin 2021, le Conseil communal a accepté un postulat proposant de reprendre l’idée des bons BienWenue. Ces bons avaient permis de compenser un peu les difficultés des commerces locaux dues au COVID. Ce postulat est toujours à l’étude auprès du service de l’économie, mais ni lui, ni la Société industrielle et commerciale, ne donnent le sentiment d’en faire une priorité.
Cultures partout, culture par toutes
Une société sans vie culturelle est une société qui se meurt. Nous l’avons vu durant la pandémie de Covid-19: la culture est une activité essentielle. Elle rassemble, éduque, questionne, émeut, bouscule, fait réfléchir, rire ou pleurer, nous confronte à l’inconnu et nous fait grandir. À Vevey et dans la Riviera, nous avons beaucoup de chance: la vie culturelle y est riche et multiple. Il n’y a pas un week-end sans occasion de sortir: concerts, expositions, animations… Cela pour le bonheur de toutes, contribuant à faire de cette ville un endroit où il fait bon vivre. Décroissance alternatives met un point d’honneur à maintenir le label Ville d’images comme synonyme de bouillon de cultures.
Mais la situation est fragile. La pandémie a mis en évidence la précarité des artistes et des actrices culturelles. L’immense majorité des artistes est très mal rémunérée et manque de locaux où créer et approfondir ses recherches. Quant aux structures culturelles, elles manquent souvent de moyens et de ressources. Pour qu’un groupe se produise sur scène, qu’une pièce de théâtre ait lieu ou qu’une exposition soit montée, une ribambelle de personnes est investie dans l’ombre et en amont de l’événement (technique, programmation, administration, production, etc.).
L’industrie culturelle, qui génère d’immenses profits, produit des biens de consommation individualisés, vendables et marchandisables. Contre ces logiques de marché, nous voulons rendre honneur au travail de création long et invisible et à la diversité des identités et des histoires qui nous constituent. Nous considérons la culture comme un moyen d’émancipation, créateur de liens, dans lequel imaginer un avenir désirable. Nous défendons une culture à taille humaine, qui habite nos lieux de vie et favorise l’expression, même la plus alternative et en marge des grands courants.
Sur la Riviera, une grande partie de l’offre culturelle est proposée par des institutions bien installées et soutenues de manière importante par les fondations et les collectivités publiques. En parallèle, il existe énormément de petites associations qui font beaucoup avec peu, voire sans aucune aide financière et matérielle publique. Elles sont en concurrence avec un secteur du divertissement qui, lui, a de très gros moyens financiers. Cette situation a des conséquences: heures bénévoles en masse, épuisement des équipes. Or, travail associatif et bénévole ne veut pas dire travail non-professionnel, bien au contraire. Ajoutons que chaque centime investi dans la culture implique des retombées économiques pour les actrices environnantes. Soutenir la culture, c’est aussi soutenir l’économie locale.
Lors de la législature 2021-2026, la ligne de la politique culturelle veveysanne n’a pas toujours été claire. Pour de nombreuses actrices culturelles, çe fut une législature difficile, les plaçant dans une situation inédite de compétition. Une situation dommageable pour les valeurs de partage et de solidarité caractéristiques du milieu.
Aujourd’hui, il est nécessaire de tirer un bilan de la stratégie 2019-2026 et de développer une nouvelle politique culturelle claire, en reprenant si besoin des aspects oubliés des états généraux de 2017. Cette stratégie communale doit répondre aux besoins de la population, des actrices concernées et à une vision de la culture multiple et accessible. Le rôle de la commune doit être clairement défini: connaître et aider son tissu culturel, être un levier, connecter, rassembler, faciliter et mettre en valeur, sans se substituer aux créatrices en place.
La culture n’a pas de sens si elle n’inclut pas l’ensemble des membres de la société. C’est pourquoi il est fondamental de la rendre accessible à chacune quels que soient son revenu, son identité, son origine, sa langue, sa classe sociale. Il s’agit aussi d’en encourager l’appropriation par toutes, et de laisser des espaces d’expression libres et ouverts.
La bourse ou la ville ?
Les mesures que nous proposons dans notre programme ont un coût financier. Si certaines peuvent se déployer en fixant des priorités avec les ressources existantes, d’autres en nécessitent de nouvelles. On ne peut donc pas se limiter à un discours simpliste en la matière et il est nécessaire d’adopter une stratégie financière.
Cela ne signifie toutefois pas que l’argent devienne la seule variable d’ajustement des politiques publiques, ni un alignement sur les méthodes de rentabilité des entreprises capitalistes en se concentrant uniquement sur des indicateurs. Une commune n’est pas une entreprise, nous n’avons pas de clientes, mais des administrées; nous ne rendons pas des comptes à des actionnaires, mais à la population; enfin le service public ne se pilote pas en fonction de sa rentabilité, mais en lien avec les besoins.
Notre marge de manœuvre financière est faible. La plupart de nos charges sont en effet liées à des tâches obligatoires, à des lois, à des conventions régionales et à des besoins fondamentaux. Les tableaux de bord et autres mesures d’efficience amèneront certes plus de transparence, mais ne permettront pas des miracles sur la maîtrise des charges. Notamment parce que nos services fonctionnent déjà de manière efficiente, que les gains encore possibles sont assez modestes, et que l’impact financier se limite finalement à une faible part du budget. Enfin, il convient d’être attentives aux reports de charges du canton sur les communes (par exemple des décisions de coupes dans les services publics) et nous mobiliser partout où c’est possible pour les combattre.
Il faut donc mettre aussi notre énergie sur les recettes. Qui ne sont pas uniquement les impôts, mais surtout les investissements dits productifs, comme le foncier. Ils produisent à la fois des prestations d’utilité publique que le marché libéral ignore faute de rentabilité suffisante, et aussi parfois un petit gain financier qui sur la durée permet de financer d’autres politiques publiques.
Quand on parle d’investissements s’invite l’inquiétude de la dette. Or, c’est un faux problème lorsqu’il s’agit d’investissements productifs qui permettent largement de couvrir les intérêts de cette dette. Et l’objet de l’investissement est tout autant un actif tangible que de l’argent sur un compte en banque. Enfin, en termes de dettes, il n’y a pas uniquement celle financière, mais aussi les dettes écologique et sociale que nous ne pouvons pas ignorer et laisser en héritage.
Bilan et perspectives municipales
En 2021, la population nous a accordé deux sièges à la Municipalité et vingt-trois au Conseil communal. Une situation inédite pour notre groupe de gauche radicale prônant la décroissance. Cinq ans à l’exécutif nous ont permis d’apprendre où étaient les leviers et de constater certaines limites, tant en termes de processus que de compétences, qui se situent le plus souvent aux échelons cantonal et fédéral.
Face à l’urgence sociale et écologique, nos institutions ne permettent pas un changement radical et rapide. À ce titre, notre présence à la Municipalité est un véritable terrain d’expérimentation. Malgré ces barrières, l’action communale, que nous avons voulue de proximité et participative, a permis de concrétiser des pratiques fidèles à nos valeurs: livraisons à vélo gratuites, bourse aux projets durables, bulletin d’information communal, réparations de vélos et d’électroménager à prix doux, affichage culturel et informatif accru, 30 km/h de nuit, végétalisation des rues, aménagements pour la mobilité douce, politique du logement, plan climat (dont 50% des mesures sont réalisés ou en cours de réalisation), planification d’une stratégie globale de durabilité.
En complément des actions directes et militantes du mouvement, nous avons une place à prendre dans l’institution: le Conseil communal mais aussi l’exécutif permettent d’assumer notre position et de porter la voix du terrain. Nous sommes déterminées à renouveler notre engagement avec l’ambition de nous renforcer en présentant quatre candidates. Nous voulons maintenir le cap de la radicalité.
Regards croisés de nos municipales sur leur expérience de cette législature
Gabriela: Attachée à la clarté de la mission, j’ai élaboré puis formalisé une vision et des objectifs pour mon champ d’action en tant que membre du collège municipal et responsable politique de services administratifs. Le service de la cohésion sociale sortait d’une longue période de «flou de positionnement». Les thématiques étaient bien présentes: logement social, intégration, précarité, etc., mais il manquait une structure ainsi qu’une feuille de route. Je suis satisfaite de l’organisation actuelle.
Avec à peu près les mêmes moyens, davantage d’interventions et de thématiques sont couvertes. Je souhaite encore plus de liens entre la population et les institutions pour entourer les personnes comme elles le méritent, si elles le souhaitent. En particulier les femmes, qui subissent trop souvent une double peine dans des situations difficiles (maman solo, aînée précaire, sans-abri, sans-emploi, allophone, etc.)
Les espaces publics sont ce que nous partageons dans une ville. La manière dont nous les aménageons a donc le pouvoir de nous rassembler ou de nous diviser. C’est un véritable défi et la collaboration entre social, planification urbanistique et entretien des espaces publics est au cœur de mon action, notamment avec l’observatoire social de l’espace public ou encore la coordination des manifestations.
Pour moi, la durabilité est le chapeau de toutes les politiques et le modèle du donut déjà bien développé dans ce programme procure un véritable outil de pilotage pour le service public, car qu’est-ce d’autre que donner des chances égales et préserver l’environnement vital de sa population?
Yvan: Je suis convaincu que si la population nous a accordé sa confiance pour notre participation à l’exécutif dès 2020, c’est en lien avec nos combats durant de nombreuses années en matière d’aménagement du territoire (espace public, mobilité, droits à bâtir). En effet, ce sont notamment ces domaines qui permettent à terme de mieux répondre aux besoins de la population en termes de service public et d’attractivité de notre ville.
Les services concernés ont été renforcés dès le début de la législature et ces planifications ont pu aboutir ou sont en bonne voie d’adoption. A cela s’ajoute un plan climat plutôt radical, une planification énergétique, une politique de l’habitat et du logement, et plusieurs investissements d’importance au niveau foncier qui vont nous permettre de maintenir ou de développer des projets d’utilité publique. Un accent a également été mis sur l’entretien de notre patrimoine, qui avait été quelque peu délaissé durant les législatures passées.
Pour la prochaine législature, je souhaite porter plusieurs priorités. Premièrement, améliorer la collaboration des services sur des projets transversaux pour sortir d’une logique de travail en silo. Ensuite, répondre aux défis de recrutement durant les années à venir et aux besoins en termes de compétences internes. Enfin, un passage à plus d’actions concrètes en lien avec nos politiques publiques maintenant en place, en prenant en compte toutes les limites, qu’elles soient écologiques ou sociales. Car, contrairement à une croyance populaire, nous ne sommes pas toutes sur le même bateau et il y a aussi une priorisation des besoins à faire pour les plus précaires.
Candidatures municipales

De gauche à droite : Gabriela Kämpf, Léandre Séraïdaris, Elodie Lopez et Yvan Luccarini
crédits photo : Yohan Nieto
Gabriela Kämpf a grandi dans le monde agricole à la Vallée de Joux, qui lui a donné le sens du concret. Puis, sa curiosité l’a menée à la découverte du monde et c’est finalement à Vevey que son instinct l’a conduite à s’installer. Depuis 2018, elle s’engage auprès de décroissance alternatives, partageant des valeurs profondes, anticapitalistes.
Ces cinq années à la Municipalité ont été pour elle enrichissantes humainement et politiquement (logement, diversités, bulletin communal, plan climat, bourse aux projets, etc.). Les actions de proximité peuvent faire une réelle différence, et elle croit au pouvoir des communautés locales dans notre monde globalisé.
Active dans la gestion, Gabriela a expérimenté l’industrie, le tourisme durable, la formation d’adultes, le management environnemental, et un grand projet urbanistique à Lausanne. Elle a une vision claire des enjeux sociaux, écologiques et de la transversalité.
Être élue à l’exécutif demande une forte implication tout en devant rester connectée à la réalité, ce que lui offrent sa famille et ses amitiés par un soutien et un ancrage au quotidien. Issue d’un milieu modeste et amoureuse de la vie, elle défend la protection du vivant et l’égalité.
Née à Vevey en 1993 d’une mère franco-suisse et d’un père espagnol, Elodie Lopez hérite d’une histoire ouvrière marquée par l’exil, la dictature franquiste et l’occupation allemande. Elle est imprégnée d’un amour profond pour le lac et pour notre ville, qui a toujours été sa maison.
Elle a grandi au son des cloches de Saint-Martin, que sonnait son arrière-grand-père. Gymnaste, puis monitrice de gym et de colo, remplaçante dans les écoles, elle s’engage tôt auprès des jeunes. Plusieurs fois, elle tente de partir de Vevey: Lausanne pour l’Uni, la Bolivie pour apprendre l’espagnol, Berne pour un emploi dans l’administration fédérale. Mais chaque fois elle revient à Vevey, où elle trouve du travail, des lieux de création et d’engagement, notamment culturels. Conseillère communale dès 2016, puis députée en 2021, elle affine son sens politique et ses connaissances institutionnelles. Elle s’engage pour la sobriété énergétique, la prévention des toxicodépendances et du racisme, la place des femmes en politique et la limitation de la publicité dans l’espace public. Elle préside la commission des pétitions du canton et siège au comité du Centre vaudois d’aide à la jeunesse.
Elle cultive ce qui rend la vie riche: l’écriture, en co-fondant la Clamerie, scène littéraire participative, et le chant polyphonique, au sein du quintette vocal Tadââm. Actuellement en formation pour enseigner le français au secondaire II, elle souhaite entrer à la Municipalité pour contribuer à une gestion de la ville qui cultive sa vitalité culturelle et associative, et en fasse un exemple de ville durable.
Yvan Luccarini est né à Genève. Après des études en informatique, il s’est passionné pour la pratique du billard et s’est lancé comme indépendant en exploitant une salle de billard pendant six ans.
C’est en juillet 2001 qu’il emménage à Vevey. Se sont ensuivis dix ans d’activité dans le domaine de l’impression au sein d’un atelier partagé à Vevey.
En 2009, il découvre le mouvement pour la décroissance. Deux ans plus tard, il se lance seul dans les élections à la Municipalité de Vevey, ce qui lui permet de tisser des liens avec le mouvement Alternatives. Décidé à poursuivre son engagement politique tout en travaillant dans une épicerie, il s’engage également dans plusieurs associations locales et participe à la création du journal romand d’écologie politique Moins!.
Élu au Conseil communal en 2016, au Grand Conseil en 2017, à la Municipalité en août 2020 et réélu l’année suivante dans la fonction de syndic, il est actuellement en charge du secrétariat municipal, des relations humaines, des finances, des systèmes d’information, des affaires intercommunales et du musée Jenisch. Il est également président de la fondation Vevey Ville d’images et membre du comité exécutif de l’UCV pour y défendre les intérêts des communes vaudoises en tant que représentant de notre district.
Installé à Vevey depuis 1992, Léandre Séraïdaris a acquis au fil du temps des expériences éclectiques et instructives en explorant avec plus ou moins de bonheur divers domaines d’activité, dont: apprentissage de commerce, diplômes en art dramatique et en communication, court stage en entreprise de production audiovisuelle ou l’exercice de la photo.
Localement, il a activement collaboré durant cinq ans au renouveau du journal de son quartier en tant que créateur de la nouvelle maquette et du nouveau logo, correcteur de textes, metteur en page, co-rédacteur et photographe, jusqu’à fin 2023. Il a été le co-organisateur de la fête de la Place Robin de 2024 et s’est aussi impliqué dans plusieurs démarches participatives liées à son quartier, par exemple en devenant le répondant envers la ville pour les potagers urbains de la rue du Nord, ou membre délégué du Conseil citoyen au collège d’experts pour le réaménagement de la Place Robin.
Il milite avec da. depuis quelques années et souhaite aujourd’hui faire évoluer son engagement en se mettant au service de la commune.
Il ne fréquente pas les réseaux sociaux et résiste encore à l’usage du smartphone.






















































































