ÉVÈNEMENT 💥
décroissance-alternatives mijotait depuis longtemps l’idée  de partager ses lectures.
La fréquentation de notre ciné-club et la richesse des échanges qui suivent chaque séance nous a encouragé à concrétiser ce projet avant l’été !
Nous aurons donc l’honneur d’accueillir Cédric Durand en juin pour une conférence en plein air autour des thèmes de son dernier livre, co-écrit avec Ramzig Keucheyan : COMMENT BIFURQUER – Les principes de la planification écologique.

Comment bifurquer ?
Les principes de la planification écologique

conférence de
Cédric Durand
co-auteur du livre, économiste à l’UNIGE, Institut La Boétie.

samedi 8 juin
14h – Cour de l’Avenir – Vevey
(salle du conseil communal en cas de mauvais temps)

La conférence sera suivi d’un pot et déplacée à la salle du conseil communal en cas de mauvais temps.


Après des décennies de fantasmes néolibéraux sur les vertus régulatrices du marché, les gouvernants reparlent aujourd’hui de « planification » face à l’urgence climatique.
Au-delà des affichages, en quoi consisterait une authentique planification écologique ?
En quoi la situation actuelle est porteuse de possibilités de planification nouvelles ?
Le déploiement maîtrisé des outils numériques, des techniques comptables novatrices et l’approfondissement des institutions de la délibération collective peuvent donner lieu à un gouvernement de la production par les besoins.
Tant qu’ils resteront pris dans le carcan du « libre marché », les écogestes des consommateurs se révéleront impuissants. Ce sont les structures économiques qu’il s’agit de transformer pour réduire l’impact écologique des activités humaines.
Face à ce défi, le livre autour duquel s’articulera la conférence tente de poser les piliers d’un programme de planification écologique fondé sur la décroissance dans l’exploitation de la nature, sur la justice environnementale et sur la démocratie économique.

L’audit du premier Plan Climat vaudois réalisé par l’EPFL en juin 2022 met en lumière le caractère triptyque d’une stratégie climatique. Les actions possibles face au dérèglement se classent globalement en trois catégories (Rapport d’audit, p. 8): la sobriété, l’efficience et la transition vers des énergies propres. Les recommandations de l’audit portent avant tout sur la dimension de sobriété (p. 20), en tant qu’il s’agit de la moins représentée, et de loin.

Dans la ligne de cette analyse, a été votée en août 2023 une motion demandant au Conseil d’État d’intégrer ce principe dans la révision de la Loi sur l’Énergie. La dernière version en date inclut ce principe comme un des trois piliers de la transition énergétique. Nous saluons cette évolution mais souhaitons qu’elle ne s’arrête pas à une simple déclaration d’intention.

Comme le souligne l’audit de l’EPFL, le principe de sobriété peut être appliqué à tous les secteurs (voir p. 20) :

  1. à l’industrie, en réduisant la consommation de produits industriels;
  2. à l’agriculture, en privilégiant le local, de saison, et bio;
  3. à la mobilité, en réduisant les distances parcourues;
  4. au bâtiment, en limitant la surface construite par personne.

La consommation d’énergie et les émissions carbones peuvent être massivement réduites en agissant sur ces leviers et ce, assez rapidement. Cette approche est d’autant plus pressante que notre consommation tend plutôt à croître qu’à diminuer. Ceci est d’autant plus vrai depuis que la menace d’un black-out énergétique ne plane plus, provoquant une diminution de l’attention accordée aux économies d’énergie et la levée de mesures prises à cette période, comme en témoigne la réponse du Conseil d’Etat à la simple question de Jean Tschopp et consorts “Renouveler les campagnes de sensibilisation pour réduire notre consommation d’énergie”. L’application du principe de sobriété fait malheureusement face à une difficulté de taille: les changements de comportements et de pratiques. Ceux-ci dépendent de facteurs complexes (contextes sociaux, légaux, culturels mais aussi infrastructures, services ou encore système d’approvisionnement)

Il s’agit d’abord de faire la promotion active de la sobriété. Le gaspillage d’énergie ou de matériaux peut être facilement réduit en agissant sur certaines habitudes et pratiques, comme la température de chauffage, la consommation d’eau, l’éclairage, l’adaptation des espaces aux usages ou la mutualisation.

Cependant, la sobriété ne s’arrête pas là. Notre mode de vie est profondément imbriqué avec des activités énergivores ainsi qu’une consommation massive de produits industriels, à l’utilité discutable et à courte durée de vie. Promouvoir la sobriété, c’est aller vers un autre mode de vie, à faible empreinte écologique. Celui-ci ne peut être atteint qu’à l’aide d’une stratégie double. D’une part, en posant des limites aux excès de consommation énergétique et d’autre part, en proposant des alternatives viables à nos pratiques.

Les approches sont multiples; on peut par exemple :

  • faciliter le partage, la récupération et la réparation d’objets ou de véhicules;
  • encourager l’industrie locale, durable, et réparable;
  • faciliter le commerce des produits agricoles locaux;
  • soutenir des activités culturelles locales et à petites échelles;
  • améliorer l’accessibilité d’espaces verts et de loisirs afin de diminuer les trajets;
  • redynamiser le tourisme local;
  • relocaliser les emplois et la production.

En général, il s’agit de penser les changements de mode de vie et de production en interaction avec tous les secteurs, et non pas seulement comme une somme de petits gestes. Il s’agit de travailler à mettre en place les conditions et facteurs qui permettent de faciliter des alternatives et d’autres manières de faire. Il s’agit, en somme, d’un principe directeur qui implique de se demander à quel modèle de société on souhaite aspirer et auquel on doit renoncer, tout en garantissant le principe de justice sociale.

Parce que sobriété n’est pas synonyme d’austérité, il est urgent de promouvoir activement des alternatives à la surconsommation que nous avons connue pendant quelques décennies afin qu’un mode de vie sobre et des pratiques sobres deviennent non seulement possible mais aussi souhaitables, et ce avant qu’il ne soit une nécessité imposée par des catastrophes environnementales ou des pénuries. Car l’avenir sera sobre ou il ne sera pas.

Dans cette optique, je souhaite poser les questions suivantes au Conseil d’État:

  1. Comment le Conseil d’État entend-il concrétiser le principe de sobriété ?
  2. Comment est pris en considération le caractère systémique des pratiques et comportements à changer, c’est-à-dire leur imbrication avec l’organisation sociale dans son ensemble ?
  3. Dans quels secteurs le Conseil d’État veut-il appliquer ce principe ?
  4. Quelles méthodes le Conseil d’État prévoit-il pour induire des changements de pratiques et d’habitudes ?
  5. Quel soutien proactif à des alternatives prévoit-il, en plus d’une simple promotion de la sobriété ?
  6. Quelles limites à la consommation prévoit-il pour réduire les excès de nos modes de consommation et de production ?
  7. Quelle sera la place accordée à la sobriété et aux mesures permettant de la concrétiser dans la nouvelle version du Plan Climat ?

 

La révision de la loi vaudoise sur l’énergie (LEN) a été présentée avec le but de “concrétiser les objectifs ambitieux que le Conseil d’Etat s’est fixé dans le cadre du Plan climat et de son Programme de législature”. En attendant les débats autour de la révision de cette loi, force est de constater que les efforts énergétiques doivent intégrer des mesures concrètes de sobriété. Ils doivent aussi être transversaux et multisectoriels pour répondre aux enjeux.

Dans 20 ans, par exemple, notre parc automobile sera entièrement électrique. D’ailleurs, c’est bien la direction d’une électrification du parc automobile que trace l’avant-projet de loi sur l’énergie. Ainsi, tout ce qui est lié aux transports et à la mobilité doit aussi être anticipé en termes d’énergie. Or, à l’heure actuelle, ces deux domaines sont clairement séparés, puisque répartis entre deux départements et régis par des législations différentes. Ceci peut constituer une barrière pour envisager les enjeux énergétiques actuels, étant donné que ce secteur (comme d’autres) est de facto exclu des stratégies énergétiques actuelles.

Nous nous réjouissons de cette nouvelle occasion de rencontres et de discussions politiques stimulantes mais aussi de partager des moments de loisir et de convivialité. Pour notre première séance, dimanche 1er octobre à 10h30, un film entre le documentaire et la fiction, consacré à André Gorz, l’un des intellectuels les plus stimulants du XXe. Philosophe, journaliste engagé, critique économique, penseur de l’autonomie et pionnier de l’écologie politique en France.

Nous aurons le plaisir d’accueillir Dominique Bourg, intervenant dans ce film, philosophe, professeur à l’UNIL et spécialiste de l’écologie politique. La projection et les discussions au cinéma Rex 3 (à Vevey) seront suivies d’un brunch au Bachibouzouk.

Comme l’annoncent l’AFP et les journaux, une grève «illimitée» affecte depuis mardi l’usine Nestlé Waters de Vittel (Vosges), suite à l’annonce de la suppression de 171 postes de travail. Selon la CGT, syndicat majoritaire, «environ 80%» des 721 salariés sont en grève. Nous leur déclarons notre pleine solidarité.

Envie de lire cet été ? Voici quelques ouvrages proposés par des membres de da.

Les riches s’enrichissent, les plus pauvres trinquent. Le capitalisme détruit la nature et les liens sociaux, exploite les pays du Sud, transforme en marchandise tout ce qui est encore gratuit, jusqu’à nos vies. Il apporte chaque jour la preuve que derrière l’abondance de divertissements et de biens de consommation, il ne parvient pas à satisfaire les besoins du plus grand nombre. Les profits et les décisions d’une minorité accroissent les inégalités et causent un désastre écologique. Elles mettent en péril les conditions de vie et de travail du plus grand nombre et plus fortement encore celles des personnes issues de la migration, précaires ou des femmes. Poursuivre à l’infini une telle croissance des pays déjà riches, c’est aller droit dans le mur. Dans la courte fenêtre d’action dont nous disposons encore, nous devons faire naître un autre monde.

Pour nous, Ensemble à Gauche Vaud, la réponse à ces enjeux nécessite des changements en profondeur et ne peut qu’être collective, solidaire et démocratique. Nos valeurs essentielles : l’égalité maintenant, la démocratie réelle, la priorité au bien commun et la restauration urgente de l’équilibre entre l’humanité et la nature. Nous voulons un monde vivable et respirable pour toustes. Nous voulons le partage des richesses et la restauration d’un rapport harmonieux avec la nature, contre les logiques du profit. Nous voulons décroître les productions inutiles et nuisibles et accroître la qualité de vie dans un esprit de justice sociale. Nous voulons une société économe en énergie et riche en liens, où celleux qui produisent décident, où les besoins  sont collectivement discutés et où les richesses sont partagées. En résumé : produire moins, partager plus, décider ensemble.

Le 31 janvier 2023, le Grand Conseil a accepté à une large majorité la motion transformée en postulat intitulée « Écrans dans l’espace public: incompatibilité climatique » déposée par notre camarade Elodie Lopez.

Les pénuries d’électricité et d’énergie annoncées pour l’hiver prochain illustrent les risques que comporte la dépendance aux énergies fossiles. Elles devraient inciter toutes les autorités politiques à accélérer la mise en place des énergies renouvelables et à prendre enfin les mesures que les mouvements pour le climat demandent depuis longtemps pour diminuer la consommation d’énergie.
A rebours de ce bon sens, on assiste à une tentative d’utiliser la crainte des pénuries pour relancer l’exploitation et l’utilisation des énergies fossiles (sans même parler du nucléaire). Dans une interview à 24 heures du 24 juin 2022, Philippe Petitpierre, président des sociétés Gaznat et Petrosvibri expliquait avoir été contacté par les autorités vaudoises pour relancer le projet d’extraire du gaz de son forage déjà existant à Noville. Dans la foulée, une alliance PLR-UDC a déposé au Grand Conseil une proposition visant à revenir sur la loi votée en 2018 qui interdit la recherche et l’extraction d’hydrocarbures sur le territoire cantonal.

La commune de Vevey est le premier actionnaire de Holdigaz avec 10.08 %. Holdigaz possède 34% de Petrosvibri directement et une dizaine de % indirectement (Holdigaz possède 15,56 % de Gaznat qui lui-même possède 66% des actions de Petrosvibri). Sans exagérer l’influence qu’elle peut avoir, la commune de Vevey ne peut être indifférente à la politique énergétique que développera cette société. Restera-t-elle un dinosaure du fossile ou se reconvertira-t-elle en acteur de la transition énergétique ? Cette question est d’actualité, car Holdigaz tiendra sa prochaine assemblée générale annuelle le mercredi 28 septembre 2022.

La stratégie énergétique vaudoise actuelle, qui se base sur la stratégie énergétique de la Suisse 2050, est principalement axée sur un approvisionnement en énergie renouvelable et une baisse de la consommation énergétique par des mesures d’efficacité. Or, les enjeux climatiques actuels, les risques de pénurie énergétique et l‘augmentation du coût de l’énergie nécessitent d’intégrer dans ces stratégies une dimension supplémentaire: celle de la sobriété.

Ainsi, dans le cadre de la révision en cours de la Loi vaudoise sur l’énergie, la présente motion demande au Conseil d’Etat d’élaborer une base législative pour la mise en œuvre de mesures de sobriété énergétique.