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Justice sociale
La situation économique de la majorité de la population se dégrade. Combinées à une stagnation des salaires, l’inflation, la hausse des primes d’assurance et des loyers provoquent un accroissement des inégalités. Cette tendance a été renforcée par des allègements fiscaux pour les plus riches et des mesures d’austérité visant les services publics nécessaires aux classes moyennes et populaires. Nous voulons que la commune joue son rôle pour assurer la cohésion sociale et une vie digne.
Le projet de décroissance s’inscrit dans cette perspective: construire collectivement un avenir désirable fondé sur la justice sociale, la solidarité, le partage et la participation citoyenne. Une ville juste est une ville où chacune se sent légitime, reconnue et en sécurité dans l’espace public. L’égalité ne se décrète pas: elle se construit à travers des choix politiques concrets. Notre action privilégie les dimensions citoyennes et altruistes, qui sont essentielles à la vie.
Un toit est un droit
Avoir un toit, vivre en sécurité, et participer pleinement à la vie collective sont des conditions essentielles d’une société juste. Le logement, en particulier, ne peut être réduit à une marchandise soumise aux seules logiques du marché: c’est un droit fondamental.
De plus en plus de ménages doivent multiplier les sacrifices pour pouvoir se loger: travailler davantage, renoncer à des soins, réduire leur vie sociale. Ces stratégies ont des conséquences durables sur la santé, l’égalité et la cohésion sociale. Dès lors, les politiques publiques locales sont déterminantes.
La politique de l’habitat et du logement de Vevey est le fruit d’une vision traduite en mesures réalisables, portée notamment par notre camarade Gabriela Kämpf au sein de la Municipalité et adoptée en 2025. Nous voulons désormais mettre en œuvre ce plan d’action dans son ensemble pour répondre à la gravité et l’urgence des problèmes. Nous veillerons à continuer de porter ces thèmes par nos actions et revendications.
Il est primordial que la commune intensifie une politique foncière et immobilière active. Elle doit entre autres utiliser pleinement le droit de préemption prévu par la législation cantonale pour acquérir des immeubles d’habitation et y développer des logements sociaux et coopératifs, hors de toute spéculation.
La commune doit aussi mener une politique résolue de lutte contre la gentrification. Elle doit utiliser tous les leviers à sa disposition pour empêcher les hausses de loyer abusives, œuvrer à leur baisse lorsque cela est possible, et garantir que l’ensemble des habitantes puisse se loger dignement à Vevey. Le rôle social des concierges doit être valorisé avec des incitations pour vivre sur place.
Droit de vivre
La précarité ne se limite pas à la pauvreté. Elle génère incertitude et instabilité et peut toucher des personnes disposant encore de revenus, mais fragilisées par la hausse des coûts et l’insécurité économique. La précarité est issue de la mauvaise répartition des richesses et du modèle productiviste. Nous voulons la combattre sous toutes ses formes.
La réalité des personnes concernées est aggravée par le non-recours aux prestations sociales, estimé entre 20% et 50% des ayants-droit. Malgré les efforts engagés ces dernières années – renforcement du travail social, développement du travail hors murs, création de guichets sociaux régionaux – l’accès effectif aux droits reste trop complexe et inégal.
Je te crois
La loi réprime les actes de violence, qu’ils soient commis dans l’espace public ou dans la sphère privée. Mais, trop souvent, les victimes n’ont pas de solution pour y échapper.
Les actes de violence restent une réalité tragique, comme l’ont montré plusieurs féminicides récents dans la région. Nous reconnaissons l’engagement fort de la Municipalité en faveur de l’égalité comme les actions de sensibilisation et de prévention qu’elle a menées durant cette dernière législature. Mais la protection des victimes reste insuffisante.
La violence s’installe bien en amont de l’issue fatale: le harcèlement, la domination économique ou le chantage sont des signaux qui exigent une mise à l’abri immédiate. Nous considérons que la sécurité des habitantes est un bien commun qui nécessite d’utiliser tous les leviers municipaux, y compris fonciers.
Tintébins et trottinettes
Dans une société marquée par l’isolement et la fragmentation sociale, le lien entre les générations mérite un soin particulier. La mixité intergénérationnelle est une richesse: elle valorise les savoirs, renforce le sentiment d’utilité sociale et contribue à une société plus solidaire.
À Vevey, près d’un quart de la population a plus de soixante ans, ce qui implique des défis de taille dans les années à venir. Quant à la jeunesse, elle se prépare à faire face à un monde profondément changeant. Sa détresse est déjà palpable. Il est de notre responsabilité de prendre soin les unes des autres et de favoriser la rencontre, la transmission et la participation de toutes à la vie collective. Lutter contre l’isolement des seniors ne peut se faire sans repenser les lieux, les usages et les rythmes de la ville.
Jardins divers
Chaque personne doit avoir une place à part entière et pouvoir participer à la vie collective sans discrimination. L’accessibilité universelle, la reconnaissance des diversités culturelles, sociales ou de genre et la lutte contre toute forme de discrimination que subissent les minorités sociales doivent guider toute l’action communale.
Valoriser la diversité culturelle, sociale, de genre et d’orientation affective et sexuelle est une condition essentielle du vivre-ensemble. L’espace public, les noms de lieux, les services et les dispositifs de soutien doivent refléter cette diversité et contribuer à déconstruire les normes dominantes qui excluent ou invisibilisent.
Les violences et les discriminations contre les personnes LGBTQIA+ sont insuffisamment combattues. Nous voulons renforcer la sensibilisation et la prévention, et mettre en place des dispositifs de médiation et de signalement accessibles.
Citoyennes de demain
L’éducation joue un rôle fondamental pour construire une société critique, solidaire et consciente des enjeux de son époque.
Face à la rapidité des transformations de notre société, il est essentiel de renforcer une éducation qui permette de comprendre le monde, d’y prendre part activement. Les défis liés au numérique, à la crise écologique et aux inégalités sociales nécessitent des actions de sensibilisation dès le plus jeune âge, en complément des programmes scolaires existants.
La rue est à nous
L’espace public est un espace partagé par définition. Chacune devrait pouvoir s’y sentir accueillie et légitime, comme dans une sorte de prolongation de son chez-soi. La ville de Vevey, par sa densité et sa centralité régionale, est confrontée à de nombreux défis en termes de cohabitation selon des usages et des attentes très diverses.
Les près de 50’000 personnes qui y passent chaque jour et ses nombreux accès à pied comme en véhicule ont fait de la gare un lieu propice au trafic de drogue. Même si les statistiques des délits et crimes violents ne montrent pas d’augmentation significative, il est certain qu’une partie de la population ne se sent pas en sécurité.
Les regards se sont beaucoup portés sur le trafic de drogue, la consommation et les risques liés. Le système met une telle pression sur les gens qu’il les rend malades. Beaucoup cherchent des échappatoires dans des substances addictives, légales ou illégales. La consommation de drogues est un problème social et médical. L’expérience montre que la seule répression n’en vient pas à bout. Nous sommes favorables à une légalisation contrôlée des drogues, qui n’est pas de compétence communale. C’est pourquoi, dans le cadre limité de ses compétences, la commune met en place un observatoire social de l’espace public incluant toutes les instances qui y interviennent, y compris les polices et l’économie locale, pour dresser un diagnostic complet et faire des propositions concrètes. Vevey a aussi renforcé dans son budget le soutien à la Fondation AACTS, active dans la réduction des risques.
Cet observatoire permettra aussi de mieux prendre en considération les personnes dont l’insécurité est la plus manifeste, celles qui n’ont pas de toit et aucune prise sur leur avenir. Ces personnes méritent d’être mises à l’abri de manière durable et accompagnées vers une insertion sociale et professionnelle.
Toutes les usagères de l’espace public méritent notre attention. Le droit à l’insouciance et à se sentir bien dans l’espace public est un droit pour toutes.
Entre plancher social et plafond écologique
Lors de la législature 2021-2026, la ville de Vevey s’est dotée d’un plan climat communal construit sur des bases scientifiques solides. Il a permis de structurer des politiques publiques et d’enclencher des transformations réelles. On peut aujourd’hui faire un pas de plus en appliquant le modèle du donut qui tient compte de l’ensemble des limites planétaires ainsi que des besoins sociaux, car Vevey participe à un programme pilote d’application à une commune.
Le changement climatique et la montée des inégalités sociales nous forcent à repenser notre manière de faire et de nous organiser. Cela veut dire évaluer systématiquement les politiques publiques, les investissements et les projets en tenant compte du plafond écologique et du plancher social, décloisonner les services communaux grâce à une vision globale à laquelle chacune participe, rendre visibles les arbitrages et assumer collectivement les choix nécessaires.
Cette façon de prendre les décisions ouvre la voie à un renforcement démocratique. Nous voulons créer les conditions pour que les habitantes puissent se rencontrer, s’organiser, partager des ressources et prendre soin collectivement de leur cadre de vie. Décider ensemble, dans le respect des limites planétaires, et construire une commune juste et solidaire. Nous voulons renforcer la solidarité et l’usage collectif contre la logique marchande en soutenant les initiatives d’entraide et d’échange non monétaires.
Dans ce cadre, la dette ne peut plus être uniquement financière: la dette écologique et sociale laissée aux générations futures doit être pleinement intégrée dans les choix budgétaires. Investir aujourd’hui dans ces domaines n’est pas une charge, mais un investissement pour l’avenir, nécessaire pour éviter des coûts humains, écologiques et financiers bien plus élevés demain.
Nos limites, nos futurs
Notre planète n’est habitable que grâce à un équilibre fragile, dépendant de neuf limites planétaires à ne pas dépasser, sous peine de dérèglements brutaux et irréversibles. Aujourd’hui, sept de ces neuf limites sont déjà franchies. Le combat écologique n’est donc pas un thème parmi d’autres, mais une nécessité vitale.
Agir à l’échelle communale est possible. Décroissance alternatives défend une écologie concrète, sociale et démocratique, qui transforme nos systèmes alimentaires, énergétiques et territoriaux. Il faudra du courage politique pour transformer des intentions en actes, et des outils existants en changements concrets, mais c’est à cette condition que la vie, la justice sociale et la démocratie pourront durablement s’épanouir.
Énergie collective
L’énergie est au cœur du dépassement des limites planétaires. Mais la seule technologie n’est pas la solution: remplacer des énergies fossiles par des renouvelables sans réduire les usages reviendrait à déplacer les problèmes, notamment en termes de ressources, de pollution et d’inégalités.
L’énergie n’est pas une marchandise comme une autre: c’est un bien commun essentiel, qui, dans le respect des limites planétaires, doit être attribué selon les besoins et non selon les moyens financiers. La transition énergétique exige donc d’examiner quels usages sont réellement nécessaires, pour quels besoins, et pour qui. Elle implique ensuite une production locale et renouvelable, qui réduit la dépendance aux énergies fossiles.
Les mesures prises durant la législature en cours (amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments communaux, développement des énergies renouvelables et du chauffage à distance) ont déjà permis de réduire les consommations et d’enclencher une dynamique crédible et mesurable. Elles impliquent aussi les propriétaires privés et la population dans leurs modes de consommation. Les mesures prises en matière d’urbanisme diminuent aussi la consommation d’énergie sur le territoire communal par le développement des mobilités actives et des transports en commun.
Le défi est donc d’inscrire ces mesures dans la logique du donut: réduire notre empreinte énergétique pour rester sous le plafond écologique est nécessaire, mais il est tout aussi indispensable, par exemple, de maintenir des loyers abordables, condition essentielle du plancher social.
Moins de goudron, plus de plumes
L’effondrement de la biodiversité est l’une des crises écologiques les plus graves et les plus sous-estimées de notre époque. Elle concerne l’ensemble du vivant.
Cette crise prend diverses formes: baisse de la diversité génétique, disparition de certaines espèces et diminution de leur nombre d’individus. Or les sociétés humaines ne sont pas au-dessus de la nature, mais en sont totalement dépendantes. Si la biodiversité et les écosystèmes s’effondrent, nos sociétés s’effondrent aussi. Préserver les systèmes naturels est une condition de notre survie collective.
Lors de la législature 2021-2026, des actions importantes en faveur de la nature et de la biodiversité ont été engagées en cessant de bétonner et de goudronner, en protégeant les sols, en plantant et préservant des arbres, en développant les zones de végétation et la présence de l’eau, en transformant la gestion des espaces publics et en laissant une place réelle au vivant dans la ville. Ces actions préservent aussi la santé publique dans un esprit de justice sociale, en limitant pour tout le monde les conséquences du changement climatique.
Pour da., il est essentiel de poursuivre et renforcer cette dynamique: faire de l’environnement un élément structurant de l’aménagement du territoire et prendre des mesures pour l’adaptation climatique, la santé publique et la justice sociale. Remettre de la nature en ville, c’est rendre la commune plus vivable et plus solidaire, tout en respectant le plafond environnemental.
Court circuit
Le système agro-industriel actuel épuise les terres et les agricultrices, détruit les écosystèmes, dépend des énergies fossiles et compromet à long terme une production suffisante de nourriture. Nous défendons la conversion à une agriculture respectueuse de la nature, de ses cycles, et des paysannes.
L’alimentation a dans nos vies un rôle central, non seulement vital mais aussi culturel. Comme activité économique, elle a un impact immense sur les écosystèmes. À Vevey, elle dépend très largement de l’agro-industrie. Nous voulons soutenir à l’échelle communale les productrices locales, développer des circuits courts, transformer la restauration collective et faire de l’alimentation un bien commun. Lors de la législature 2021-2026, la ville de Vevey a posé des bases en ce sens, notamment à travers le plan climat communal. Nous voulons poursuivre et amplifier cette dynamique.
